Le gouvernement resserre le robinet des aides à l’embauche d’apprentis. À partir de 2026, les montants versés aux employeurs qui recrutent un jeune en alternance baissent nettement, avec des règles différentes selon la taille de l’entreprise et le niveau de diplôme visé. Une bascule qui intervient alors que les signatures de contrats reculent déjà depuis plusieurs mois.
Des aides à l’embauche revues nettement à la baisse
L’enveloppe budgétaire consacrée aux aides à l’embauche d’apprentis chute à 2,1 milliards d’euros en 2026, contre 3,1 milliards en 2025, soit une baisse d’environ 30 % en autorisations d’engagement. L’objectif affiché par Bercy est de dégager 200 millions d’euros d’économies dès 2026, puis 700 millions en 2027, dans un contexte de maîtrise des dépenses publiques.
Ce recentrage fait suite à plusieurs années de montée en puissance de l’apprentissage, désormais jugée trop coûteuse pour les finances publiques au regard du nombre de contrats signés dans le supérieur, où l’insertion professionnelle était déjà jugée plus favorable qu’au niveau bac.
Ce que ça change concrètement pour les entreprises
Les nouveaux montants dépendent désormais à la fois de la taille de l’entreprise et du niveau de diplôme préparé par l’apprenti :
- Pour les PME de moins de 250 salariés : jusqu’à 4 500 € pour un apprenti préparant un BTS ou un DUT (niveau bac+2), et 2 000 € pour un diplôme d’ingénieur, une licence ou un master.
- Pour les entreprises de 250 salariés et plus : l’aide est ramenée à 1 500 € pour le niveau bac+2 et à seulement 750 € pour les formations de niveau supérieur.
- Cas particulier : le montant de 6 000 € reste maintenu pour l’embauche d’un apprenti en situation de handicap, quel que soit le niveau de diplôme.
Pour les services RH des PME, la différence se joue surtout sur les profils bac+2 et plus, jusqu’ici les mieux soutenus financièrement. Les grandes entreprises, elles, devront désormais financer une part bien plus importante du coût de l’alternance sur leurs fonds propres.
Un recul des contrats déjà amorcé
La baisse des aides s’ajoute à une tendance déjà engagée : au premier trimestre 2026, 70 400 contrats d’apprentissage ont été signés, un recul de 3,3 % sur un an. En 2025, 846 700 contrats avaient débuté au total, soit déjà 5 % de moins qu’en 2024, pour un peu plus d’un million de contrats en cours au 31 décembre 2025.
Le mouvement n’est toutefois pas uniforme selon les niveaux de formation. À fin mai 2026, les entrées en apprentissage de niveau secondaire progressaient encore de 7,7 % (48 800 contrats), quand celles du supérieur chutaient de 16,4 % (31 100 contrats) sur la même période. Un signal cohérent avec la volonté du gouvernement de recentrer le soutien public sur les niveaux de qualification les moins élevés.
Ce coup de frein sur l’apprentissage intervient alors que l’activité économique montre des signes de reprise en zone euro, ce qui pourrait à terme redonner des marges de manœuvre aux entreprises pour recruter, apprentis compris.
Questions fréquentes
Toutes les entreprises sont-elles concernées par la baisse des aides ?
Oui, mais pas dans les mêmes proportions : les PME de moins de 250 salariés conservent des montants plus élevés que les grandes entreprises, notamment pour les niveaux bac+2 et au-delà.
L’aide pour les apprentis en situation de handicap change-t-elle ?
Non, le montant de 6 000 € est maintenu quel que soit le niveau de diplôme préparé, contrairement aux autres profils dont l’aide est revue à la baisse.
Le nombre de contrats d’apprentissage va-t-il continuer à baisser ?
La tendance récente (-3,3 % au premier trimestre 2026, -5 % en 2025) laisse penser que le recul pourrait se poursuivre, en particulier dans le supérieur, mais les entrées de niveau secondaire résistent mieux pour l’instant.
Sources
- Acuité — Apprentissage : ce que va changer la baisse des aides aux alternants
- Centre Inffo — Apprentissage : après l’essor, le temps du recul
- Banque des Territoires — PLF 2026 : fort recul des crédits dans l’apprentissage
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