Placer une partie de sa trésorerie d’entreprise en bitcoin a séduit plusieurs sociétés cotées ces dernières années, à commencer par l’américaine MicroStrategy. En France, l’entreprise Sequans Communications, spécialiste des semi-conducteurs pour l’internet des objets et la 5G, avait tenté le pari à grande échelle à l’été 2025. Un an plus tard, la société revient sur cette stratégie et vend l’essentiel de ses réserves en cryptomonnaie, un cas concret qui interroge la solidité de ce type de placement pour une entreprise industrielle.
Un pari ambitieux annoncé en 2025
À l’été 2025, Sequans avait levé environ 384 millions de dollars dans l’objectif affiché d’accumuler jusqu’à 100 000 bitcoins d’ici 2030, une ambition considérable pour une entreprise de sa taille. La société, cotée au Nasdaq mais basée en France, avait alors constitué une réserve de plusieurs milliers de bitcoins, présentée comme une diversification de sa trésorerie face à l’incertitude monétaire et à la volatilité de son activité de semi-conducteurs.
Une stratégie de trésorerie abandonnée en moins d’un an
Fin mai 2026, Sequans a annoncé avoir remboursé l’intégralité de sa dette convertible en cédant une partie de ses bitcoins, ramenant sa réserve à environ 658 unités. Au 30 juin 2026, il ne restait plus que 314 bitcoins dans les comptes de l’entreprise, une valeur d’environ 18,4 millions de dollars. La direction a confirmé mettre fin à sa politique de trésorerie en actifs numériques pour se recentrer sur son cœur de métier : les puces destinées à la croissance de la 5G et de l’IoT.
- Été 2025 : levée de 384 millions de dollars, objectif de 100 000 BTC d’ici 2030.
- Fin mai 2026 : vente partielle des bitcoins pour solder la dette convertible.
- 30 juin 2026 : réserve ramenée à 314 BTC, soit environ 18,4 millions de dollars.
Ce que ce cas révèle sur les stratégies crypto des entreprises
Sequans n’est pas un cas isolé : plusieurs sociétés françaises cotées détiennent des cryptomonnaies en trésorerie, comme Capital B avec plusieurs milliers de bitcoins, ou Acheter-Louer.fr, qui a choisi une exposition au Solana plutôt qu’au bitcoin. Mais l’épisode Sequans illustre les limites de ce type de pari lorsqu’il est financé par de la dette : la volatilité des cours peut transformer un instrument de diversification en contrainte financière, surtout lorsqu’une échéance de remboursement approche. Pour les investisseurs et dirigeants qui suivent ces choix de gestion, l’affaire invite à distinguer la simple détention d’actifs numériques, plus facile à assumer sur la durée, d’une stratégie de trésorerie construite sur un endettement dédié à l’achat de cryptomonnaies. Pour suivre l’actualité des entreprises françaises et leurs choix financiers, retrouvez nos articles dans les catégories Finance – Economie et Entreprise – Société, ainsi que nos autres analyses High Tech – Numérique sur les acteurs de la tech française.
Questions fréquentes
Pourquoi Sequans a-t-elle investi dans le bitcoin ?
L’entreprise cherchait à diversifier sa trésorerie et à lever des fonds via une stratégie de réserve en bitcoin, dans la lignée d’entreprises comme MicroStrategy, en misant sur une hausse durable des cours.
Combien de bitcoins Sequans détient-elle encore ?
Au 30 juin 2026, la société ne conservait plus que 314 bitcoins, contre plusieurs milliers au plus fort de sa stratégie, après avoir vendu l’essentiel de sa réserve pour rembourser sa dette convertible.
D’autres entreprises françaises détiennent-elles des cryptomonnaies ?
Oui, plusieurs sociétés cotées comme Capital B, Acheter-Louer.fr ou Ethero conservent du bitcoin, du solana ou de l’ethereum en trésorerie, avec des montants et des stratégies très variables selon les entreprises.
Sources
Cryptoast.fr – Sequans dit adieu aux 100 000 BTC
Bitcoin.com News (FR) – Sequans met fin à son expérience de trésorerie en bitcoins
Cryptopolitan.com – Sequans cuts Bitcoin stash to 314 coins