Longtemps dominé par les flux de marchandises, le commerce mondial change de visage. Selon les dernières statistiques de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les échanges de services progressent désormais nettement plus vite que ceux de biens physiques, une bascule qui redessine la carte des opportunités pour les entreprises, y compris les plus petites structures.
Une croissance à deux vitesses
D’après le dernier Global Trade Outlook de l’OMC, la croissance en volume des échanges de services est attendue à 4,8 % en 2026, contre seulement 1,9 % pour le commerce de marchandises, en net repli après 4,6 % en 2025. Ensemble, biens et services ne devraient croître que de 2,7 % cette année, contre 4,7 % en 2025, un ralentissement lié au refroidissement de l’économie mondiale et à la multiplication des nouveaux droits de douane qui pèsent avant tout sur les produits physiques.
Les services, eux, échappent largement à cette logique tarifaire. En 2025, le commerce mondial de biens et de services combiné avait progressé de 7 % pour atteindre 34 650 milliards de dollars, porté par une hausse de 6 % des marchandises et de 8 % des services. Résultat : la part des services dans les échanges mondiaux a atteint 27,6 %, son plus haut niveau depuis 2005.
Pourquoi les services résistent mieux
Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique. Les services représentent aujourd’hui plus des deux tiers du PIB mondial et concentrent une part croissante des créations d’emplois. Ils sont aussi moins directement exposés aux droits de douane, qui frappent en priorité les produits manufacturés et les matières premières. Cette relative résilience commerciale en fait un moteur de croissance particulièrement recherché par les entreprises en quête de nouveaux relais, du conseil à l’ingénierie en passant par les services numériques.
- Conseil, ingénierie et services aux entreprises : forte demande internationale
- Services numériques et logiciels : croissance portée par la transformation digitale des entreprises
- Tourisme et transport : reprise progressive après les à-coups tarifaires de 2025
- Services financiers : recherchés par les acteurs en quête de diversification
Quelles conséquences pour les entreprises françaises
Pour les sociétés françaises, cette recomposition du commerce mondial ouvre des perspectives concrètes. Les analystes du secteur du financement et de l’économie notent que les entreprises qui diversifient leur offre vers les prestations immatérielles — conseil, formation, services numériques — sont mieux placées pour absorber les à-coups liés aux droits de douane sur les marchandises. À l’inverse, les exportateurs de biens physiques doivent composer avec un environnement tarifaire plus incertain, notamment vis-à-vis des États-Unis, où plus de 100 milliards de dollars de droits de douane ont déjà été perçus puis en partie remboursés selon la presse économique.
Cette tendance touche aussi les acteurs du numérique, dont les prestations à distance — hébergement, développement, support technique — s’exportent sans les contraintes logistiques ni les taxes douanières associées aux produits physiques.
Un rééquilibrage à surveiller
Cette bascule vers les services ne signifie pas la fin du commerce de marchandises, qui reste majoritaire en valeur absolue. Mais elle confirme une tendance de fond observée depuis plusieurs années : dans un contexte de tensions commerciales et de hausse des droits de douane, les entreprises cherchent des relais de croissance moins exposés aux barrières tarifaires. Les prochains mois, marqués par de nouvelles échéances commerciales internationales, permettront de vérifier si cette dynamique se confirme.
Questions fréquentes
Pourquoi le commerce de services croît-il plus vite que celui des marchandises ?
Parce que les services sont moins directement soumis aux droits de douane, qui pèsent surtout sur les biens physiques, et parce qu’ils bénéficient de la transformation numérique de l’économie mondiale.
Quelle est la part des services dans le commerce mondial aujourd’hui ?
Selon l’OMC, les services représentaient 27,6 % du commerce mondial en 2025, leur plus haut niveau depuis 2005.
Quelles entreprises profitent le plus de cette tendance ?
Les sociétés positionnées sur le conseil, l’ingénierie, les services numériques et financiers, moins exposées aux droits de douane que les exportateurs de produits physiques.