Depuis le 1er janvier 2026, se former avec son Compte Personnel de Formation (CPF) coûte plus cher aux actifs. Le reste à charge, déjà instauré en 2024, a été relevé de 45 % pour atteindre 150 euros, quel que soit le prix de la formation suivie. Dans le même temps, un nouvel outil numérique fait son apparition dans l’espace CPF : le passeport de compétences. Deux évolutions, un même mois de bascule pour des millions de salariés et d’entreprises.
Un reste à charge en forte hausse
Le décret publié au Journal officiel le 30 mars 2026 a fixé le nouveau montant de participation obligatoire à 150 euros par dossier de formation financé via le CPF. Ce forfait s’applique automatiquement lors de l’inscription sur la plateforme Mon Compte Formation et conditionne la validation du dossier : sans ce versement, la formation ne peut pas démarrer.
Le gouvernement justifie cette hausse par deux objectifs affichés : responsabiliser davantage les titulaires du compte et réaliser environ 450 millions d’euros d’économies sur l’année 2026 pour France Compétences, dont les comptes restent structurellement déficitaires. D’autres plafonds ont également été resserrés depuis février 2026, notamment pour les certifications inscrites au Répertoire spécifique (1 500 euros), les bilans de compétences (1 600 euros) ou le permis de conduire catégorie B (900 euros), avec dans chaque cas ce même reste à charge de 150 euros à compter du 2 avril 2026.
Le passeport de compétences, nouvel outil de valorisation
Autre chantier engagé cette année : le ministère du Travail a officiellement lancé le passeport de compétences, directement intégré à l’espace numérique du CPF. Accessible à toute personne à partir de 15 ans, ce carnet numérique rassemble en un seul endroit les formations suivies, les diplômes obtenus, les certifications professionnelles et certains engagements citoyens ou associatifs.
Concrètement, l’outil doit permettre à un actif de disposer d’une vision consolidée de son parcours, utile aussi bien pour postuler à un emploi que pour construire un projet de reconversion professionnelle. Un nouveau service, « Mes attestations de réussite », doit compléter le dispositif au quatrième trimestre 2026 afin de délivrer des attestations probantes de diplômes et de certifications.
Ce que cela change pour les actifs et les entreprises
- Toute formation financée par le CPF implique désormais un règlement minimum de 150 euros à la charge du bénéficiaire.
- Les employeurs peuvent prendre en charge tout ou partie de ce reste à charge dans le cadre d’un accord d’entreprise ou de branche.
- Le passeport de compétences centralise gratuitement les preuves de qualification, un atout pour les services ressources humaines lors des recrutements.
- Plusieurs arrêtés d’extension publiés le 11 juillet 2026 rendent par ailleurs obligatoires, dans certaines branches, des accords renforçant la formation continue et la reconversion.
Pour les organismes de formation comme pour les directions financières des entreprises, l’enjeu est désormais d’anticiper ces nouvelles règles budgétaires tout en valorisant, grâce au passeport de compétences, les parcours de leurs salariés.
Questions fréquentes
Le reste à charge de 150 euros s’applique-t-il à toutes les formations CPF ?
Oui, ce montant minimum s’applique à l’ensemble des formations financées via le Compte Personnel de Formation depuis le 1er janvier 2026, avec des règles complémentaires selon le type de certification depuis avril 2026.
Qui peut consulter mon passeport de compétences ?
Le passeport de compétences appartient à son titulaire, qui décide seul des informations qu’il choisit de partager, par exemple avec un recruteur ou un organisme de formation.
Le reste à charge peut-il être pris en charge par l’employeur ?
Oui, un abondement de l’employeur, d’une branche professionnelle ou d’un opérateur de compétences peut couvrir tout ou partie de ce reste à charge, selon les accords en vigueur.
Sources
Lancement officiel du Passeport de compétences — portail officiel Mon Compte Formation
Le ministère du Travail lance le Passeport de compétences — Centre Inffo
Décret CPF 2026 : plafonds officiels pour le bilan de compétences et les certifications RS